Risques et comportements en hors-piste


Door Sandra op 15 maart 2016 · 0

WePowder est un site qui a été crée afin de vous permettre de trouver la meilleure poudre du moment. Mais pas seulement! Il vise également à vous informer des risques que vous prenez ou que vous pouvez prendre en hors-piste. C’est pourquoi nous nous sommes tout naturellement tournés vers l’Anena (Association Nationale pour l'Étude de la Neige et des Avalanches). Fred Jarry a bien voulu répondre à nos questions.

Qu’est ce que l’Anena?

C’est à la suite de l’avalanche de grande ampleur qui s’est produite le 10 février 1970 à Val D’Isère et qui avait fini sa course dans le chalet de l’UCPA faisant 39 morts que l’Anena vit le jour. Cette association a tout d’abord été créée pour limiter ces avalanches catastrophiques. Mais, grâce aux travaux des années 70 et 80, ce type de risque, qui touche les infrastructures, est aujourd’hui beaucoup mieux contrôlé et ces avalanches se produisent de moins en moins souvent. L’Anena a donc changé ses objectifs en conséquence et essaie dorénavant de limiter le nombre de victimes dans les activités et sports de neige en effectuant, notamment, de la prévention et de la formation.

Le plus gros danger des freeriders, l'avalanche de plaque
Le plus gros danger des freeriders, l'avalanche de plaque

L’Anena est-elle réservée aux professionnels ou au grand public?

L’Anena a pour mission de former et de recycler les professionnels. Entre autre: Les artificiers, les maîtres chiens d’avalanche: pisteurs et pompiers…(Le PGHM et le CRS du secours en montagne ont leurs propres formations). Mais également, de faire de la prévention auprès du grand public avec des formations sur le terrain telles que:

  • Du sauvetage avalanche se déroulant sur 2 niveaux et sur des demi-journées.
  • Des formations nivologie progression en une journée sur: la pente, la neige, le comportement…
  • Et encore bien d’autres formations.

Pour ces formations et stages l’Anena collabore avec une centaine de guides, accompagnateurs et moniteurs de ski qui sont eux même formés par l’Anena. Enfin, l’Anena fait de nombreuses conférences et publications, publie une revue et répond aux médias.

Chaque année 100 à 150 décès dans tout l’Arc Alpin sont dus aux avalanches, ne serait-il pas plus facile d’interdire le hors-piste?

Non! Interdire n’est pas la solution. On voit cela en Italie ou parfois le hors-piste y est interdit. Là bas, le simple fait de déclencher une avalanche sans qu’il y ait de blessés, donc la possibilité de mettre quelqu’un en danger peut faire l’objet de poursuites judiciaires. Ce système là est contre productif parce que même lorsqu’il y a un accident sans victime, les skieurs ne vont pas rapporter ce qu’il s’est passé. Dans la vallée d’Aoste c’est déjà beaucoup mieux, là-bas, seul le matériel adéquat est obligatoire sous risque d’amende.
En France, les maires sont tout de même libres de fermer certaines zones pour une courte durée, mais cela n’est pas forcément mieux. Lorsque une zone rouvre les gens pensent directement qu’il n’y a plus aucun danger. Sans oublier que de nombreux maires n’y connaissent pas forcément grand chose. C’est pourquoi l’Anena commence également à les former.

Passage interdit?? Pas une bonne solution
Passage interdit?? Pas une bonne solution

La technologie est de plus en plus performante chaque année. Les DVA deviennent plus rapides et les airbags se retrouvent de plus en plus souvent sur le dos des freeriders. Quel est le plus important: un airbag ou de bonnes connaissances?

On a beau avoir le meilleur matériel existant, si on ne sait pas s’en servir, à quoi sert t-il? La plupart des gens qui s’équipe, notamment les randonneurs, font la démarche de se former. Les personnes les plus difficiles à sensibiliser sont celles qui font du hors-piste. À l’Anena, nous tentons de faire passer de plus en plus de messages dans des vidéos mises en scènes par des personnalités, via les médias et les réseaux sociaux.

Pour sauver ses amis, il faut être équipé et savoir se servir de son matos
Pour sauver ses amis, il faut être équipé et savoir se servir de son matos

Pourquoi la majorité des décès en avalanche se passe lorsque le risque est de 3 ou 4?

Le risque 3 est déjà très élevé. Beaucoup de skieurs pensent que ce risque 3 n’est finalement pas si important que cela parce qu’il se trouve au milieu de l’échelle. Mais un tel risque est en réalité déjà un très gros risque. Et encore trop peu de riders sont freinés par ce risque. Un peu logique aussi, par exemple, lorsqu’une pente a déjà été sur-tracée alors que le risque du jour est de 4, ce risque n’a alors plus de sens et il y a une sorte de banalisation du risque qui se crée. Les skieurs commencent à penser que les pentes (non tracées) se trouvant juste à côté sont également sans danger, alors que ce n’est pas le cas.

"Le risque 3 est déjà très élevé"

Ensuite, il y a également de nombreux freeriders qui partent le matin sur de bonnes intentions, en ne faisant que des pentes peu inclinées et sur-tracées. Mais au fur et à mesure de la journée, ils prennent de l’assurance et vont finalement skier des pentes qu’ils ne pensaient pas faire le matin même. Il est essentiel d’adopter des règles et de s’y tenir toute la journée.

L’échelle du risque est-elle adaptée?

Non, pas vraiment quand on pense qu’un risque 3 se trouve au milieu de l’échelle. Les gens pensent que le risque n’est finalement pas si élevé que cela. Météo-France a commencé à utiliser de nouvelles icônes de couleur qui sont beaucoup plus claires. Pour les drapeaux d’avalanche c’est la même histoire. Le drapeau est le même pour un risque 3 ou 4 ce qui n’est pas logique, mais il va également bientôt disparaître et faire place au système d’icônes international, ce qui est une très bonne chose.

Connaitre la signification de chaque risque
Connaitre la signification de chaque risque

Certaines personnes aiment simplement se mettre en danger pour le plaisir?

Certainement, mais c’est loin d’être la majorité. Le problème c’est que la perception du danger qu’ont les gens par rapport aux avalanches se fait sur le déjà vu et non sur ce qu’il pourrait se passer. Leur perception est donc souvent fausse. Beaucoup passent à côté des accidents et s’ils n’ont jamais rien eu, certaines choses deviennent intuitives sur de mauvaises bases. C’est le billet de l’inconscient. Puis, beaucoup pensent qu’avoir une bonne technique signifie avoir beaucoup d’expérience en avalanche, ce qui est totalement faux. Enfin, la force du groupe est également très importante. Dans un groupe, certains font les machos alors qu’ils n’y connaissent pas plus. Chacun se doit de donner son avis et d’argumenter, dans un tel milieu il est obligé de raisonner, ce que peu de gens font.

Parmi les personnes qui se rendent hors-piste:

  • Quel est le pourcentage de personnes qui lisent le BERA (Bulletin d'Estimation du Risque d'Avalanche)?
  • Quel est le pourcentage de personnes qui portent un DVA, pelle et sonde?

Le pourcentage de gens qui lisent le BERA n’est bien évidement pas connu mais on pense qu’une bonne proportion de gens effectuant de la randonnée le lisent. En revanche, très peu de skieurs hors-piste le font. Le BERA ne fait pas beaucoup parler de lui, et si les freeriders ne le connaissent pas, forcément, ils ne le lisent pas. C’est pourquoi nous essayons de plus en plus de faire passer le message par des personnes connues.

Bera du jour
Bera du jour

On voit également que sur les 15/20 dernières années des personnes ensevelies en France:
En ski de randonnée nous sommes passé de 45% à 85% des personnes possédant un DVA.
En hors-piste nous sommes environ passé de 20% à 40-45%.

Les médias ne cessent de parler de l’augmentation des décès en hors-piste, qu’en pensez vous?

La fréquentation du ski freeride a énormément augmenté et pourtant le taux de décès est toujours quasiment le même. On peut dire que la prévention prend du temps mais qu’elle fonctionne. Au final, les choses ne vont pas si mal que le prétendent les médias.

En France, nous avons peu de restriction et une culture du ski extrême, que feriez-vous pour améliorer la sécurité des skieurs sans limiter leur liberté?

En France, il faut toujours faire plus et skier plus raide que son voisin. Il est donc difficile de communiquer aux riders que les pentes de moins de 30° peuvent-être très sympa à skier. Le renoncement est également difficile à faire comprendre, si on renonce, que d’autres le font et qu’il ne se passe rien. C’est un comportement qu’il est très difficile de changer.

Être libre de faire ses choix
Être libre de faire ses choix

Au final, beaucoup de décès sont dus à des traumas il faut donc également bien insister sur les pièges de terrain. Nous pensons qu’il est très important de faire encore et toujours plus de communication auprès du grand public. Mais également qu’une seule question pourrait sauver de nombreuses vies: Les gens se disent souvent: Est-ce que ça peut partir? Alors qu’il suffirait plutôt qu’ils se demandent: Que va t-il se passer si ça part? Ils feraient alors bien plus attention à ce qui les entoure.

Le risque zéro n’existe pas au final!

Effectivement, il n’existe pas. L’Anena met tout de même tout en oeuvre pour s’approcher le plus possible du "zéro victime", même si nous savons tous très bien qu’il est quasiment impossible à réaliser.

Si vous souhaitez en savoir plus vous pouvez également télécharger le film: Neige et Avalanches, connaissance et gestion du risque


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